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Notre vision

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Le mot de la présidente

Il est des destins qui se refusent aux chemins balisés. Le mien s’est forgé dans la tempête, non comme un fardeau stérile, mais comme le socle d’un engagement absolu.

J’ai grandi dans un lieu qui aurait dû être un sanctuaire et qui ne fut qu’un abîme. La violence y a déployé toutes ses figures : la brutalité des coups, la morsure des mots, les humiliations et la souillure plus intime des viols et de l’inceste. Telles furent les seules aurores de mon enfance et de mon adolescence.

Je connais trop bien cette solitude absolue face au fracas du traumatisme. Lorsque l’on est une femme, seule, sans enfant, les parcours de soin et de justice vous effacent d’un trait de plume : on devient un angle mort, une inexistence administrative et humaine face au silence glacial des professionnels et institutions nationales. C’est ce vide coupable que je combats aujourd’hui avec une ferveur implacable, afin qu’aucun survivant, qu’aucune survivante, ne se retrouve plus jamais seul face au néant des structures censées protéger.

J’ai transformé mes blessures en une force vive tournée vers autrui, ce qui m’a naturellement menée vers les chemins de l’humanitaire. Plus de dix années durant, au sein de la Croix-Rouge et des Restos du Cœur, en France comme sur des théâtres d’opérations lointains, j’ai côtoyé les naufragés de l’existence. Auprès d’eux, j’ai appris la vérité nue de ce que signifie tendre la main.

De cette double exigence la cicatrice intime et l’épreuve du terrain est née en juillet 2019 l’association Elien Rebirth. Fort·e·s de nos années d’engagement, nous avons mesuré la terrifiante marée d’un fléau trop longtemps enseveli sous le silence : la pédocriminalité. Au cœur de ce combat, la défense des personnes en situation de handicap se dresse comme une urgence absolue, tant leur vulnérabilité est lâchement mise à profit par la prédation.

Faire entendre la voix de ceux que l’on a réduits au silence est ma mission, le combat de ma vie. Je m’y consacre sans relâche pour que triomphent la dignité et les droits humains. Aucun enfant ne devrait jamais avoir à traverser, dans la solitude et la terreur, ce que j’ai traversé.

Florence Elie

Présidente-fondatrice, Elien Rebirth

Notre vision : Plus jamais le silence

Nous sommes convaincu·e·s qu’aucune société ne peut se prétendre juste tant qu’elle tolère, même par omission, la pédocriminalité et les violences sexuelles faites aux enfants. Ce constat n’est pas une posture : c’est le socle sur lequel repose chacune de nos actions.

Pendant trop longtemps, ces crimes ont été pensés comme des drames individuels, isolés, relevant du seul fait divers. Notre conviction est inverse : ils sont le symptôme de failles systémiques, institutionnelles, sociales et numériques qui, faute d’être identifiées et corrigées, permettent à ces violences de perdurer, de se reproduire et de rester impunies.

Faire évoluer cette réalité suppose de ne plus seulement réagir après les faits, mais de transformer, en profondeur et durablement, les cadres qui rendent la pédocriminalité possible.

Une approche centrée sur les survivant·e·s et les engagements internationaux

Notre action repose sur un principe directeur : la voix, les droits et l’expertise des survivant·e·s doivent être au cœur de toute réponse à ces violences.
Cette exigence fait directement écho aux enseignements de la Première Conférence ministérielle mondiale sur l’élimination de la violence à l’égard des enfants (Bogotá, 7-8 novembre 2024), où les gouvernements se sont engagés sur des mesures concrètes telles que l’interdiction des châtiments corporels, le renforcement de la sécurité numérique, l’investissement accru dans la protection de l’enfance, ainsi que l’intégration des conseils de survivants pour structurer les politiques publiques. Cette dynamique de responsabilisation collective et d’écoute institutionnalisée se poursuivra lors de la deuxième conférence ministérielle mondiale, qui se tiendra à Manille les 18 et 19 novembre 2026.

Cela signifie concrètement :

• Reconnaître leur parole comme une source de savoir légitime, au même titre que l’expertise clinique, juridique ou institutionnelle.
• Associer les survivant·e·s dans les actions de prévention et de plaidoyer.
• Refuser toute approche misérabiliste qui réduirait les personnes concernées au seul statut de victimes, sans reconnaître leur capacité d’agir, de témoigner et de transformer leur expérience en force collective.
• Traduire les engagements internationaux en actes locaux, en exigeant des gouvernements qu’ils respectent les standards mondiaux de prise en charge globale, multisectorielle et centrée sur l’humain.

Une approche informée par les traumatismes

Nous inscrivons l’ensemble de nos interventions auprès des institutions, des professionnel·le·s comme des décideurs publics dans une approche dite informée par les traumatismes (trauma-informed approach). Ce cadre, aujourd’hui reconnu au niveau international, part d’un principe simple mais trop souvent négligé : comprendre comment le traumatisme affecte la mémoire, le comportement et la parole des victimes est un préalable indispensable pour ne pas, involontairement, aggraver leur souffrance ou disqualifier leur témoignage.

Concrètement, cette approche nous conduit à sensibiliser les professionnel·le·s de première ligne travailleurs sociaux, enseignants, personnels de santé, magistrats, forces de l’ordre aux mécanismes de l’emprise, aux temporalités souvent non linéaires de la révélation, et aux effets du traumatisme sur le comportement apparent des enfants et des survivant·e·s adultes.

Transformer les systèmes, pas seulement les consciences

Notre mission ne se limite pas à sensibiliser : elle vise une transformation durable des cadres institutionnels eux-mêmes.

Nous constatons, sur le terrain comme dans l’analyse des dispositifs existants, que certains fonctionnements institutionnels par leur rigidité, leur cloisonnement ou leur manque de formation spécifique peuvent, sans intention malveillante, invisibiliser, minimiser ou mal traiter les victimes de pédocriminalité. Ruptures de parcours, dysfonctionnements administratifs, absence de coordination entre les acteurs, insuffisance de formation spécialisée : ces défaillances, bien que rarement délibérées, produisent des effets réels et parfois irréversibles sur les personnes qu’elles devraient protéger.

C’est pourquoi notre action de plaidoyer, aux niveaux national et international, ne se limite pas à alerter : elle vise à proposer, documenter et défendre des évolutions concrètes des politiques publiques, des pratiques professionnelles et des dispositifs de protection de l’enfance pour que ces derniers protègent réellement, plutôt que de reproduire, par défaut, les silences qu’ils devraient briser.

Une exigence de droits humains

Notre vision s’ancre pleinement dans le cadre des droits humains, et en particulier des droits de l’enfant tels que reconnus par les textes internationaux. Aucune agression, aucun acte de pédocriminalité ne peut être relativisé, minimisé ou excusé par le contexte, l’institution, le milieu social ou la relation avec l’auteur des faits. Ce principe, simple dans son énoncé, reste pourtant à faire pleinement respecter dans les faits c’est tout l’enjeu de notre engagement.

Notre ambition

Nous voulons contribuer à une société où :

  • La parole d’un enfant ou d’un·e survivant·e n’est jamais mise en doute par principe ;
  • Les institutions sont formées, coordonnées et responsabilisées pour agir efficacement face à la pédocriminalité, sans faille ni rupture de parcours ;
  • La prévention est pensée comme une responsabilité collective et non comme la charge exclusive des victimes ou de leurs familles ;
  • La reconstruction, aussi longue soit-elle, puisse s’appuyer sur l’écoute, l’entraide et une société véritablement mobilisée à ses côtés.

C’est cette vision qui anime chacune de nos actions qu’elles soient judiciaires, préventives, formatives et politiques et qui nous engage, chaque jour, à ne jamais transiger sur la protection des enfants.