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Nos actions

De la vision à l'action

Notre vision centrée sur la voix des survivant·e·s et la transformation durable des systèmes ne prend sens que si elle se traduit en actions concrètes, mesurables et engagées sur le terrain. Notre action se déploie sur quatre fronts complémentaires : l’accompagnement judiciaire des victimes, la prévention, la sensibilisation et la formation, le plaidoyer institutionnel, et la lutte contre les maltraitances en institution.

1. Engagement judiciaire : être partie civile aux côtés des victimes

La reconnaissance judiciaire est une étape déterminante du processus de reconstruction. C’est pourquoi Elien Rebirth se constitue partie civile dans les procédures judiciaires, aux côtés des victimes et de leurs familles.
Cet accompagnement garantit que leur parole soit portée, entendue et défendue à chaque étape de la procédure, et que les faits commis soient fermement établis et sanctionnés par la justice.

2. Prévention, sensibilisation et formation

La prévention constitue notre première ligne d’action. Nous concevons et déployons des programmes de sensibilisation et de formation à destination des institutions, des professionnel·le·s de terrain et du grand public. Ces formations sont réalisées en collaboration avec des professionnels et partenaires engagés à nos côtés, garantissant une expertise croisée et de haute qualité. Nos programmes s’articulent autour de plusieurs exigences transversales :

  • Auprès des institutions et des professionnel·le·s : Formation des personnes en contact direct avec les enfants, les victimes et les publics vulnérables (secteur médico-social, éducatif, judiciaire, forces de l’ordre) pour apprendre à repérer les signaux faibles et à libérer la parole.
  •  Dans les territoires ruraux : Déploiement d’actions ciblées dans les zones souvent moins couvertes par les dispositifs existants, où l’isolement géographique et social peut renforcer la vulnérabilité et freiner le signalement.
  • Sur les enjeux du handicap : Intégration systématique des spécificités liées au handicap, visible ou invisible, dans l’ensemble de nos modules de prévention.

Un angle mort majeur : les femmes seules, sans enfant, survivantes de violences dans l'enfance

Nous portons avec force la voix de celles valides ou en situation de handicap qui, devenues adultes, n’apparaissent dans aucun dispositif de prise en charge existant.

Ce constat, notre présidente en a fait l’expérience directe (comme elle le témoigne dans notre page Notre Vision) : n’étant ni mères, ni ayants droit identifiés, ces survivantes échappent aux critères de la quasi-totalité des politiques publiques d’accompagnement, pensées autour de la cellule familiale ou de la charge d’enfants.

Sans enfant à protéger au sens administratif, elles deviennent statistiquement transparentes, absentes des données, des dispositifs et des priorités. Ce silence n’est pas anodin : il laisse de côté des adultes dont la vulnérabilité, notamment en situation de handicap, est immense faute de filet de protection. Ce sont les grandes oubliées d’un système censé protéger les victimes tout au long de leur vie. Elien Rebirth a fait le choix de porter explicitement leur voix pour qu’elles cessent d’être un angle mort.

    3. Plaidoyer national et européen : pour une protection sans angle mort

    Nous portons un plaidoyer actif auprès des instances nationales et européennes pour faire évoluer les cadres législatifs, renforcer la coopération transnationale et diffuser les meilleures pratiques de lutte contre la pédocriminalité.
    Notre plaidoyer s’attaque à tous les points du système où la protection peut se fragiliser, y compris dans des dispositifs qui semblent éloignés du sujet, comme les parcours administratifs des personnes en situation de handicap.

    • La fracture numérique des services publics : En janvier 2026, seulement 7 % des principales démarches publiques en ligne sont conformes aux exigences d’accessibilité, loin des objectifs fixés par l’État. Pour un enfant handicapé victime ou sa famille, cette défaillance retarde l’accès à des droits vitaux (reconnaissance du handicap, aides à la compensation, accompagnement médico-social). Pour un·e survivant·e adulte, c’est un obstacle de plus sur un chemin de reconstruction déjà lourd.
    • Le calvaire du changement de département (la double peine) : Pour une personne en situation de handicap victime de violences, un déménagement rendu nécessaire par la procédure judiciaire (pour s’éloigner de l’agresseur) déclenche une procédure de transfert auprès de la MDPH. Sur le terrain, nous constatons des délais s’étirant sur plusieurs mois, plongeant les personnes dans une suspension de fait de leurs droits (aides interrompues, accompagnement suspendu) au moment précis où elles ont le plus besoin de stabilité.

    La protection d’un enfant ou d’un·e survivant·e handicapé·e ne peut s’arrêter à la porte du tribunal : elle doit se prolonger jusque dans chaque démarche administrative qui conditionne sa reconstruction.

      4. Lutte contre les maltraitances et les violences sexuelles en institution, dont la psychiatrie

      Le soin et l’accompagnement ne doivent jamais devenir des sources de vulnérabilité supplémentaire, a fortiori lorsqu’ils concernent des enfants et des victimes. Elien Rebirth s’engage résolument contre les maltraitances institutionnelles en particulier au sein du secteur de la santé et de la psychiatrie en dénonçant la pédocriminalité et en prévenant toute forme de violence, d’abus, de non-respect de la dignité humaine ou d’atteinte aux droits fondamentaux des personnes prises en charge.

      Des violences sexuelles documentées au cœur même du système de soin

      CE combat n’est pas isolé :

      • L’affaire Joël Le Scouarnec : ce chirurgien condamné en mai 2025 à vingt ans de réclusion criminelle pour des viols et agressions sexuelles commis entre 1989 et 2014 sur 299 victimes (dont 256 mineures) dans une douzaine d’hôpitaux français, restera comme l’une des plus grandes affaires de pédocriminalité jamais jugées en France. Elle a révélé, pendant vingt-cinq ans, une absence de détection au sein même des établissements de santé qui employaient cet homme.

      • L’affaire Marc Adida : ce psychiatre marseillais de l’AP-HM condamné en 2025 à douze ans de réclusion pour viols et agression sexuelle sur plusieurs de ses patientes, illustre le même schéma au sein spécifiquement de la psychiatrie : un premier signalement adressé dès 2010 à la direction de l’hôpital, resté sans suite pendant dix années supplémentaires, malgré de nouvelles victimes.

      Ces deux affaires, bien que distinctes dans leur nature, mettent en lumière une même faille : des institutions de soin qui, faute de vigilance et de réaction rapide face aux signalements, peuvent elles-mêmes devenir des lieux de danger pour les personnes qu’elles sont censées protéger.

      Un schéma qui dépasse la seule sphère médicale

      Ce silence institutionnel n’est malheureusement pas propre au secteur du soin. À l’international, plusieurs scandales majeurs ont révélé des schémas similaires au sein d’institutions en charge d’enfants vulnérables :

      • En Irlande : des enfants placés en institutions pour « comportements difficiles » ont été soumis, pendant des décennies, à des traitements inhumains incluant des abus physiques et sexuels des faits aujourd’hui reconnus par l’État irlandais lui-même.

      • Au Canada : le scandale de l’orphelinat de Mount Cashel, tenu par une congrégation religieuse à Terre-Neuve, a révélé des abus sexuels systémiques sur des enfants placés, restant à ce jour l’une des références mondiales en matière de dysfonctionnement institutionnel et de silence organisé.

      Ces affaires, bien que survenues dans des contextes institutionnels différents (médical, psychiatrique, éducatif, religieux), partagent un même schéma : celui d’un silence prolongé, d’une minimisation des signalements et d’une protection insuffisante des personnes vulnérables. C’est ce schéma, quel que soit le type d’institution où il se reproduit, qu’Elien Rebirth s’engage à combattre.

      C’est pourquoi nous militons pour un renforcement des contrôles, de la formation des personnels et des mécanismes de signalement, dans les établissements de santé comme dans toute institution accueillant des enfants ou des personnes vulnérables, afin de briser durablement ce type d’omerta.